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Fans de Muriel Baptiste

LE VOILE SE DECHIRE

10 Avril 2010 , Rédigé par patricks Publié dans #TEMOIGNAGES

La certitude se fait à chaque nouveau témoignage : Muriel Baptiste ne s'est pas suicidée.

Elle était malade depuis 1979. Elle avait pris énormément de poids et se cachait du monde. Trois comédiens qui l'ont aperçue entre 1979 et 1985 (témoignages non concertés et deux d'entre-eux au moins sur trois ne se connaissent pas) ont fait le même récit d'une rencontre dans Paris et d'une Muriel mal à l'aise.

La thèse que j'avancerai dans le livre ne sera donc pas celle du suicide, puisque les proches qui ont connu Muriel sur sa fin possèdent davantage d'informations précises que les gens du spectacle avec lesquels Muriel avait coupé tous les ponts dès 1974

Muriel était alcoolique, sur ce point, plusieurs témoignages se recoupent.

Dans Télémagazine 23 février 1967

 

Découvrir, après cinq années (annonce publique que Muriel s'est suicidée dans ICI PARIS - témignage de "Mahaut" Hélène Duc  - en novembre 2005) et presque quinze ans après son décès que Muriel ne s'est pas suicidée (sauf à penser que l'alcool est un "suicide lent") ne change certes rien au destin. Muriel ne reviendra pas.

Mais la mort par suicide provoquait un chagrin plus intolérable que celle par maladie.

Cela brise aussi un immense point commun entre l'auteur de ces lignes (suicidaire) et le sujet de son admiration.

Pour le livre, seconde biographie dédiée à Muriel Baptiste, il y aura donc une vérité rétablie sur les circonstances de la vie et de la mort de la comédienne.

En un sens, je me sens aujourd'hui plus de point commun avec la première épouse de Michel Delpech, Chantal Thomas, qui a mis fin à ses jours.

Voici ce qu'écrivait le chanteur dans son livre "L'homme qui avait construit sa maison sur le sable" (Editions Robert Laffont, 1993) :

"Le 20 février 1985, alors que je suis en train de travailler chez moi sur le texte d'une chanson avec un ami, je reçois un coup de téléphone qui m'apprend la nouvelle : Chantal s'est suicidée à Auckland avec son compagnon. Cela ne m'ébranle pas outre mesure. Surtout, cela ne m'étonne pas, je m'y attendais. Je pressentais ce drame depuis longtemps. Ils s'étaient embarqués tous les deux dans une espèce de rêve d'hallucinés. Leur réflexion, leur conception du monde avaient un caractère infantile. Je l'avais constaté lorsque j'étais allé leur rendre visite à Moorea. Ils étaient parvenus à une espèce de nihilisme complet, à la paresse absolue. A vivre de telle manière qu'il n'y a plus rien à attendre. Cet évènement n'est que la conséquence logique d'une attitude, d'une sorte de suicide lent auquel j'avais vaguement assisté. Rien de surprenant. Déjà, au tout début de notre rencontre, elle avait tenté une fois de mettre fin à ses jours. Je rentrais de spectacle. Deux amis m'attendaient chez moi pour m'annoncer qu'elle avait été transportée d'urgence à la clinique. Je n'ai jamais su pourquoi. Je lui ai posé la question, jamais je n'ai obtenu de réponse. Sa détresse concernait  sa propre histoire, qui n'était pas liée à la mienne. Je m'amusais beaucoup à l'époque, je n'étais pas du tout dépressif. Au moment où je m'enfonçais dans la maladie, elle faisait la fête. Elle sortait avec des jeunes garçons de dix-huit ans, prenait de l'héroïne. Chantal était allée jusqu'au bout, de ses propres limites,  jusqu'au point de non-retour. Je crois pouvoir dire qu'elle avait totalement perdu le sens et le contrôle de sa vie; qu'elle s'est détruite avec une persévérance pathétique".

(Fin de la citation de Michel Delpech)

 

Deux comédiennes partenaires de Muriel se sont suicidées : Michèle Girardon en 1975 à la suite d'un chagrin d'amour, Olga-Georges Picot en 1977 à la suite d'une longue dépression. Muriel Baptiste mordait la vie à pleines dents, du moins jusqu'à ce que la maladie la frappe en 1979 ou 1980. Olga, qui traînait son mal de vivre depuis des années, et fut la partenaire de Muriel dans "Les dernières volontés de Richard Lagrange" et "Le premier juré", s'est jetée du cinquième étage de son immeuble parisien en 1997. Un destin qui rappelle Mike Brant.

Le suicide longuement prémédité de Chantal Thomas Delpech, cette conception du monde "infantile" que relève son veuf, me sont bien plus familières que le destin de Muriel Baptiste. J'en suis profondément navré. Il me semblait que le mal de vivre de Muriel était pareil au mien. En 1971, invitée à dîner par l'acteur Jacques Serre et son épouse, elle déclarait avoir des angoisses nocturnes. On retrouve les angoisses de Muriel dans ses personnages de Marguerite de Bourgogne et d'Annunciata Vidal (personnage qui se suicide). Mais son destin n'est pas la conséquence de ses angoisses.

J'ai le sentiment ce jour, en plus de la séparation qu'à causé la mort, d'un éloignement cruel de la Muriel que j'aime et aimais. Je me sens plus proche de Chantal Thomas Delpech, de Patrick Dewaere et de Mike Brant. De la chanteuse Gribouille qui s'est donnée la mort en janvier 1968 à un mois de la sortie de son premier album prometteur.

L'information que je donne montre la fragilité de la fiabilité de l'information. Pour les médias, Muriel Baptiste, à moins que je rétablisse dans une seconde biographie la vérité, s'est suicidée.

 

 

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